Acier décarboné : le Fonds européen pour l’innovation retient l’usine GravitHy de Fos-sur-Mer

Le projet GravitHy de Fos-sur-Mer a été retenu le 20 octobre 2026 par le Fonds européen pour l’innovation, qui lui accordera une subvention dans la catégorie « Technologies net zéro – décarbonation générale – grands projets ». Pour la future usine de fer réduit à l’hydrogène, c’est l’avant-dernière marche avant la décision finale d’investissement.

En bref
• GravitHy est lauréat de l’appel à projets 2025 du Fonds européen pour l’innovation, annoncé le 20 octobre 2026.
• L’usine de Fos-sur-Mer visera 2 millions de tonnes de fer réduit direct à l’hydrogène (H₂-HBI) par an.
• Le procédé doit éviter plus de 3 millions de tonnes de CO₂ chaque année par rapport aux filières classiques.
• Prochaine étape : la décision finale d’investissement, après les permis déposés en juillet 2026.

Une sélection qui change l’équation financière #

Dans son communiqué du 20 octobre, GravitHy présente cette sélection comme « une étape majeure » de son parcours. La décision vient de la Commission européenne et de la CINEA, l’agence exécutive européenne pour le climat, les infrastructures et l’environnement, qui gèrent ensemble ce fonds alimenté par le marché du carbone.

Concrètement, la subvention renforce le cadre de financement d’un projet déjà estampillé Projet d’intérêt national majeur (PINM) par l’État français. Elle rassure aussi les partenaires industriels et financiers au moment le plus délicat : celui où l’entreprise doit boucler son tour de table pour passer à la construction. La presse régionale, dont Gomet’, y voit une accélération nette du calendrier.

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Un procédé de réduction directe à l’hydrogène #

Le cœur du projet est un changement de procédé. Au lieu de réduire le minerai de fer au charbon dans un haut-fourneau, GravitHy utilisera de l’hydrogène pour produire du fer réduit direct, compacté en briquettes (HBI). Ces briquettes alimenteront ensuite les aciéries électriques européennes.

La capacité visée est de 2 millions de tonnes par an. Comparé aux filières conventionnelles, le site doit éviter plus de 3 millions de tonnes de CO₂ par an, selon les chiffres du communiqué. L’acier représente l’un des secteurs industriels les plus difficiles à décarboner : la matière première bas carbone produite à Fos servirait précisément de levier aux sidérurgistes clients.

Souveraineté : réduire la dépendance aux importations #

GravitHy insiste sur un second argument, moins climatique et plus géopolitique. Une grande partie du fer réduit consommé en Europe est aujourd’hui importée, et sa production reste liée aux énergies fossiles. « En développant une production compétitive de fer bas carbone sur le sol européen, GravitHy contribuera à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement », résume José Noldin, le dirigeant de l’entreprise, dans le communiqué.

L’implantation à Fos-sur-Mer n’est pas un hasard : la zone industrialo-portuaire concentre déjà plusieurs projets de décarbonation lourde et offre l’accès maritime, le foncier et les raccordements électriques nécessaires à ce type d’installation.

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Un calendrier industriel qui s’est densifié en 2026 #

L’année 2026 a été charnière pour le projet. En juillet, GravitHy a déposé ses demandes d’autorisations administratives et son permis de construire. En août, l’entreprise a choisi l’équipementier Danieli pour son unité de réduction directe. En septembre, elle a confié à CAP INGELEC le contrat de conception et de construction de la sous-station électrique du site.

La sélection par le Fonds européen pour l’innovation vient conclure cette séquence. Il reste désormais à transformer l’essai : la décision finale d’investissement, qui engagera les milliards nécessaires à la construction, constitue le véritable point de bascule pour l’emploi et les retombées attendues dans le bassin de Fos-Berre.

Ce que cela dit de la réindustrialisation bas carbone #

Pour les industriels français, le dossier GravitHy illustre une mécanique désormais bien rodée : un procédé de rupture, une labellisation nationale (PINM), puis un financement européen qui crédibilise le projet auprès des investisseurs privés. Les fonds publics ne paient pas l’usine, mais ils réduisent le risque perçu à chaque étape.

La filière acier observe le dossier de près. Si Fos-sur-Mer tient son calendrier, la France disposerait d’une des premières grandes capacités européennes de fer réduit à l’hydrogène, une brique qui manque aujourd’hui à la plupart des plans de décarbonation des aciéristes du continent.

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Questions fréquentes #

Qu’est-ce que le fer réduit direct à l’hydrogène (H₂-HBI) ?

C’est du minerai de fer débarrassé de son oxygène grâce à de l’hydrogène plutôt qu’au charbon, puis compacté en briquettes. Ces briquettes servent de matière première bas carbone aux aciéries électriques.

Que finance exactement le Fonds européen pour l’innovation ?

Alimenté par le marché européen du carbone, il subventionne des projets de décarbonation de grande ampleur. GravitHy a été retenu dans l’appel à projets 2025, catégorie des grands projets de décarbonation générale.

Quand l’usine de Fos-sur-Mer doit-elle entrer en service ?

Le communiqué ne fixe pas de date de mise en service : l’étape déterminante reste la décision finale d’investissement, attendue après les autorisations déposées en juillet 2026 et le bouclage du financement.

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