Pons Menuiseries, fabricant lotois de fenêtres en bois et en PVC, a inauguré le vendredi 30 octobre 2026 sa nouvelle usine de Fontanes, dans la zone d’activités Cahors-Sud. L’entreprise a profité de l’occasion pour fêter ses 60 ans. Ce déménagement a coûté 11 millions d’euros et s’est fait sans arrêter la production. C’est un cas d’école pour toute PME qui doit changer d’usine tout en continuant à livrer ses clients.
- Nouvelle usine de 6 500 m² sur 3,3 hectares, près du péage de Cahors-Sud, inaugurée le 30 octobre.
- 11 millions d’euros investis, dont 5 millions pour moderniser les machines.
- Transfert progressif : le bois d’abord (avril 2025), puis le PVC (janvier 2026).
- Plus de 40 salariés et un objectif de 10 à 12 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans.
Plan de l'article
Pourquoi une menuiserie de 60 ans change d’usine #
L’histoire commence en 1966 à Laroque-des-Arcs, dans une petite cabane en bois où Maurice Pons travaille comme artisan du village. Il s’installe à Lamagdelaine en 1971, puis décide en 1984 de se concentrer sur la fenêtre. Ses fils Luc et Franck dirigent l’entreprise depuis 2005.
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Le site de Lamagdelaine avait été agrandi plusieurs fois et ne pouvait plus l’être. En janvier 2025, La Dépêche du Midi rapportait que l’atelier sortait chaque année 8 000 à 9 000 fenêtres avec 36 salariés. L’outil était saturé : impossible d’y ajouter une machine, et l’entreprise devait refuser des commandes.
Les deux frères ont étudié pendant près de cinq ans plusieurs scénarios de développement. Ils ont finalement retenu un terrain du secteur de Falguières, à Fontanes. Le choix s’est fait avec le service du développement économique du Grand Cahors, et le projet a reçu le soutien de la Région Occitanie.
Un bâtiment plus grand, pensé autour de la production #
La surface couverte passe d’environ 4 000 m² à 6 500 m². Le bâtiment a été dessiné par l’architecte Jean-Michel Jarrige. Ce gain de place donne de l’air aux postes de travail. Il permet aussi d’agrandir les bureaux techniques et commerciaux et de créer un vrai showroom, comme l’expliquait Luc Pons à La Dépêche en août 2024.
Le site a été conçu pour consommer moins de ressources. Selon les dirigeants, les panneaux solaires du bâtiment doivent couvrir 70 % de ses besoins en électricité. L’eau de pluie récupérée alimente les sanitaires. Les chutes de bois servent de combustible pour chauffer l’ensemble du bâtiment, et le surplus est proposé à la clientèle locale.
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Le chantier a démarré fin 2023 sur une parcelle de 3,3 hectares, à proximité immédiate du péage de Cahors-Sud. Le bâtiment a été livré environ douze mois plus tard. « C’est un emplacement stratégique », souligne Luc Pons, car il simplifie les trajets des fournisseurs comme ceux des clients.
Déménager sans arrêter les lignes #
Le point le plus délicat d’un transfert industriel, c’est la continuité de production. Chez Pons, le déménagement s’est fait par étapes. La partie bois, qui pèse 70 % du chiffre d’affaires, est partie la première : son transfert s’est achevé en avril 2025. Une nouvelle ligne a été installée à Fontanes pendant que l’ancienne continuait de tourner à Lamagdelaine, avant d’être rapatriée à son tour.
La fabrication de fenêtres en PVC, environ 20 % de l’activité, a suivi en janvier 2026. Les bureaux ont été transférés en dernier. « On arrive à avoir l’outil que l’on imaginait et depuis cet été, tout est opérationnel », explique Franck Pons dans l’article de La Dépêche consacré à l’inauguration.
Cette méthode a un coût : il faut faire tourner deux sites en parallèle pendant plusieurs mois. En échange, elle limite le risque de retard de livraison. Pour un fabricant qui travaille à la commande, c’est souvent la priorité. Les frères Pons voulaient que leurs clients ressentent le déménagement « le moins possible ».
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Où sont passés les 11 millions d’euros #
Sur les 11 millions investis, 6 millions sont allés au bâtiment et 5 millions à la modernisation du parc machines. L’usine compte désormais sur des équipements automatisés pour tenir la cadence. C’est là que se joue la hausse de capacité, bien plus que dans les mètres carrés gagnés.
Les effectifs suivent : cinq salariés ont été recrutés, ce qui porte l’équipe à plus de quarante personnes. Pons Menuiseries a aussi renforcé son équipe commerciale, parce que sa clientèle grossit d’année en année.
Un objectif de croissance chiffré #
L’entreprise réalise aujourd’hui près de 8 millions d’euros de chiffre d’affaires. « On aimerait grimper à 10 ou 12 millions d’euros dans les cinq prochaines années », indique Luc Pons. Elle travaille avec environ 200 clients, surtout des spécialistes de la fenêtre qui posent les menuiseries chez les particuliers.
Ces clients sont répartis de la Bretagne à la Méditerranée. Seul le quart nord-est du pays n’est pas couvert. La nouvelle capacité de production pourrait donc servir à mieux couvrir les régions déjà clientes, ou à s’étendre vers les autres.
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Ce que ce chantier dit de la fabrication en PME #
Le cas Pons illustre un choix fréquent dans la menuiserie industrielle. Quand le site historique est saturé, il vaut souvent mieux construire neuf près d’un axe routier que d’empiler les extensions. Ce choix permet aussi de repenser le flux des pièces, de la découpe du bois à l’expédition.
Une autre leçon : près de la moitié du budget est allée aux machines, pas aux murs. Enfin, le transfert ligne par ligne a permis de continuer à livrer pendant toute la durée du chantier.
La troisième génération de la famille commence déjà à rejoindre l’entreprise. Pour une PME de fabrication indépendante, c’est un signe que l’usine de Fontanes a été construite pour durer.




